Le lit de Juliette

Les couchettes sont hautes, et nous n’avons pas la place d’y déplier un lit de bébé standard. Nous avons souvent navigué avec nos enfants tout petits, pour quelques jours nous trouvions toujours un moyen de les faire dormir en sécurité. Toutes les siestes dans l’écharpe porte-bébé quand ils sont vraiment jeunes (Paul a embarqué à un mois), puis un gros sac de voyage pour barrer l’accès au bord de la couchette, un autre pour caler bébé, des brassières par terre en cas de chute, la nuit entre papa et maman, et nous n’avons jamais eu de problème. Pour vivre un an, c’est une autre histoire. Juliette a un âge compliqué : beaucoup trop jeune pour savoir descendre seule de sa couchette, mais déjà suffisamment dégourdie pour enjamber des barrières d’appoint, sacs ou autre. Alors pourquoi pas un simple filet qui barre la sortie de la couchette, comme chez Paul et Alexandre ? Deux raisons : Juliette seule au milieu d’une grande couchette double, c’est l’assurance de quelques galipettes inopinées à chaque virement de bord et chaque grosse vague et donc l’occasion de quelques bosses et surtout de multiples réveils. Si on peut les éviter… Deuxième raison, la principale : nous allons vivre à sept dans dix mètres carrés, il est hors de question de monopoliser la place d’une cabine entière pour un enfant de 70 centimètres !

Juliette dormira sur une partie de la couchette arrière bâbord, limitée par un lit textile sur mesure (en fait c’est une sorte de cage en tissu). Le fond de son lit fait la taille de la zone de la couchette au dessus de laquelle le pont est le plus haut (le plafond de la cabine arrière a la forme du banc du cockpit qui se trouve au-dessus, il y a donc deux gros décrochés dans lesquels elle pourrait se cogner, et la partie la plus basse ne fait que soixante centimètres de haut), elle a donc une place de 60 par 90 centimètres. La bonne nouvelle, c’est que le fond du lit parapluie qu’on a à la maison a pile poil la bonne taille lorsqu’on replie un des pans, il servira donc à rigidifier le fond du lit textile. Le tout est entouré de quatre pans de tissu d’un mètre de haut, dont un en filet, ouvrable par deux fermetures Éclair (fermetures séparables avec l’ouverture de bas en haut pour que Juliette ne puisse pas y accéder et ouvrir elle-même). Chaque arrête verticale est rigidifiée par un tube en plastique glissé dans une ganse (tubes récupérés du tipi de la chambre de Paul, parti à la poubelle il y a peu, suite à des acrobaties pas vraiment prévues au crash-test). J’ai cousu des cordons à chaque angle, quatre en haut quatre en bas, qui sont accrochés à des pontets vissés dans la cloison de la cabine, ainsi le lit prend forme et ne peut pas bouger du tout. Juliette a son lit, et nous avons tout le reste de la cabine pour stocker du matériel. Nous avons tout de même prévu des sangles pour fixer les caisses de rangement et s’assurer que Juliette ne finisse pas dessous.


On nous dit souvent que nos enfants sont des sauvages… et bien Juliette dormira dans la jungle.

Si vous voulez copier faites-le maintenant, un jour ce sera breveté !