Il aura fallu pas mal de réflexion, trouver les bonnes ressources pour être conseillé (merci Emilie et Adeline !), un budget astronomique, une place conséquente, et une organisation à bord optimale connue sur le bout des doigts (il faut être capable de trouver ce que l’on cherche sans avoir besoin de sa cervelle).
Tout cela pour…rien. Le but ultime étant tout de même de ne jamais avoir à s’en servir.
Voici comment nous avons procédé :
Nous avons commencé par contacter le CCMM (https://www.chu-toulouse.fr/-centre-de-consultation-medicale-maritime-ccmm-). Ils nous ont envoyé des listes triées par éloignement des côtes, soient trois fichiers ( » < 12 milles, « 12 à 60 milles » et » > 60 milles ») adaptés à un équipage d’adultes.
Il a fallu trier ces listes pleines de doublons, pour n’en garder qu’une, adaptée à plus de 60 milles des côtes, puis demander l’avis d’une amie médecin qui navigue, notamment sur la dotation pédiatrique.
Nous avons demandé un devis à la pharmacie pour toute la partie qui ne nécessite pas d’ordonnance, et avons un peu pleuré sur le montant (500€, pour seulement la moitié de la liste finale !)
Après nouvelle réflexion, nous avons supprimé tout ce qui, malgré les conseils du CCMM, nous semblait excessif :
- Pansements (à douze mille dollars) imbibés de Vaseline. Ils conseillent pourtant d’avoir des pansements et de la Vaseline. Il faudrait tous être sacrément amochés pour ne pas pouvoir mettre nous-mêmes la Vaseline sur les compresses.
- Ote-agrafe. Alors l’idée de devoir agrafer une plaie à bord ne m’enchante pas, mais je peux concevoir qu’on doive le faire dans l’urgence. En revanche, si l’un d’entre nous se retrouve avec une plaie auto-fermée aux agrafes, je vous promets que nous rentrerons au plus vite en terre civilisée pour se faire ôter tout cela proprement.
- Les instruments de mesure : oxymètre de pouls, appareil à dextro, bandelettes urinaires. On se fiera aux symptômes, et puis nous n’avons pas de quoi traiter médicalement l’hypoglycémie, alors à quoi bon la mesurer en urgence ?
- Tout ce qu’on trouve en moins cher au supermarché (désinfectant, couverture de survie, sparadrap, ciseaux…)
Nous avons ensuite donné la liste à une autre amie médecin, pour avoir son avis et nous rédiger l’ordonnance… et d’après elle les médecins que nous aurons en ligne en cas de problème seront contents d’avoir une glycémie, ou des informations plus précises que « il est bleu ». Ça peut s’entendre. Nous avons remis les appareils de mesure sur la liste.
L’intérêt d’avoir une famille nombreuse, c’est qu’à la pharmacie, ils nous connaissent. Alors quand je suis arrivée avec mes trois pages d’ordonnance et mon grand cabas vide, je me suis fait accueillir avec le sourire. Je suis revenue le lendemain chercher un grand cabas plein. Magique !
Il n’y a plus qu’à trier tout ça.
Une partie « premier secours » : pansements simples, désinfectant, couverture de survie, paracétamol… dans l’étagère des toilettes à l’avant (facilement accessible aux adultes, mais pas aux enfants). Le reste rentre dans deux caisses, qui seront rangées au fond du placard avant tribord : une pour le matériel (attelle, compresses, appareils de mesure, masques, strap…), et une pour les médicaments, triés par ordre alphabétique, avec des intercalaires et le nom bien visible sur la tranche (avec dans l’idée que l’Anapen et le coussin hémostatique doivent sauter aux yeux). La liste du contenu est scotchée de manière visible dans les couvercles.

La liste précise vous intéresse ? Cliquez ici , et gardez en tête qu’elle est le fruit de bricole adaptée à notre famille, et peut servir de base mais n’a aucune vocation à être une référence.
