Quinzième jour, la deuxième semaine à été paisible. Nous avons bien évité la dépression, abattu en grand, envoyé le spi, et remis le cap sur Flores… et sur l’anticyclone. Plus vraiment moyen d’échapper à cette zone sans vent qui nous barre la route. Nous essayons tant bien que mal de rester dans le maigre couloir de vent qui s’échappe au Nord plus vite que nous et arrivons à rester manoeuvrants, mais c’est mou. Pour vous donner une idée, notre vitesse moyenne ces derniers jours est inférieure à celle d’un piéton, et il nous reste environ la même distance que si nous allions de Vannes à Strasbourg.
Seizième jour, on voit le bout ! Nous avons passé la barre des 500 milles. Le routage nous prévoit une arrivée dans trois jours. Nous peinons à y croire, une nouvelle dépression se forme à l’ouest et semble vouloir passer sur les Açores dans les prochains jours. A surveiller. La vie à bord dans le petit temps est plutôt facile, le bateau est plat, il n’y a presque pas de vagues, nous menons notre train-train école-ateliers-créatifs-cuisisne-déjeuner-sieste-jeux-de-société-goûter-film-dîner-quarts. Les enfants commencent à avoir des fourmis dans les jambes. Ils jouent de plus en plus à faire le poirier dans le carré, inventent des combats de mousquetaires et improvisent des parcours sportifs entre sauts dans la descente et singeries accrochés aux mains courantes. Le dernier défi en date entre Paul et Timothée : grimper à l’épontille comme une barre de pompier et chronométrer à qui restera le plus longtemps accroché. Il est temps qu’on arrive.
Dix-septième jour, le front dépressionnaire, probablement orageux, se confirme et prévoit une arrivée en même temps que nous aux Açores. Très peu pour nous, ce serait dommage de casser du matériel et se mettre en danger aussi proche du but. Nous affalons le spi, loffons cap vers l’Est le temps de laisser passer la dépression. Le bateau va bien, nous avons eau et avitaillement, le moral est bon, nous prendrons le temps qu’il faudra. Nous devrions arriver le 30.







